L'Œil Neuf

Diffusion de l’art moderne et contemporain

Balthasar LOBO

loboNé en 1911 à Zamora. Décédé en 1993

Sculpteur de l'Ecole de Paris *

Réfugié à Paris en 1939, aussitôt aidé par Picasso, il devient bientôt le collaborateur de Henri Laurens. Il fut alors influencé dans ses propres œuvres par celles de son maître et en conservera durablement l’empreinte, non sans adapter la leçon reçue à sa propre sensibilité, qui le conduira à plus d’abstraction, sans perdre cependant contact avec l’apparence humaine. Son œuvre s’édifie loin de l’agitation des modes éphémères, retrouvant à travers la sereine beauté des créations de Henri Laurens, l’harmonie énigmatique des idoles cycladiques. Dans cette recherche de la ligne tendue et pure, par l’élimination du détail et la concision de l’ensemble, au bronze et au granit qu’il travaille aussi, Lobo est amené à préférer l’implacable lumière du marbre. L’abstraction relative qu’il impose au corps féminin l’a conduit de la série des « Maternités », de 1945 à 1954, à la schématisation des « Torses » ( ventres ou hanches) de la période suivante, dont les reliefs ne sont plus indiqués que par la caresse de la lumière sur d’infimes frémissements de la forme. Il attendit 1957 pour montrer la première exposition personnelle de ses œuvres. Il participe au Salon de la Jeune Sculpture et au Salon de Mai, dont il est membre du comité. Il a aussi sculpté quelques monolithes totémiques, inspirés d’animaux et d’oiseaux ; des têtes aussi d’une concision brancusienne. L’occasion lui fut proposée de passer à l’échelle monumentale à Annecy en 1952, à Caracas en 1953, à Dijon en 1968. Citons Frank Elgar : « A quelque travail qu’il s’applique, ce sont toujours la clarté de conception, une sensualité contenue, une audace tranquille, l’amour du volume sobre et expressif, qui se dégagent de la matière fermement et doucement maîtrisée »