L'Œil Neuf

Diffusion de l’art moderne et contemporain

Politique culturelle

Si la France, et plus particulièrement Paris a été le centre européen et même mondial de l'art dans la première moitié du XXe siècle, elle le doit pour beaucoup à l'apport d'artistes étrangers, européens pour la plupart, qui ont apporté leur culture et leur génie, se sont frottés à leurs confrères de toute l'Europe aboutissant à un remarquable foisonnement de la création artistique. Si depuis la dernière guerre, les États-Unis ont pris une place plus importante, le patrimoine artistique européen est partout visible et admiré dans les musées, les expositions, les foires de l'art dans le monde entier.

Cependant, nous sommes obligés de constater que beaucoup d'artistes en France ont du mal à exposer et vivre de leur travail. Beaucoup de lieux d'exposition sont devenus temporairement ou définitivement indisponibles : Porte d'Auteuil, Quai Branly... D'autres se sont reconvertis, comme les galeries nationales de l'Orangerie des Tuileries, vers la photographie. Doit-on enterrer la peinture et la sculpture sous prétexte que d'autres formes d'expression artistique sont apparues. Même si les nouveaux supports techniques de la création ont permis l'apparition d'œuvres  intéressantes, parfois géniales, on imagine ce que le patrimoine mondial aurait perdu si, au début du XXe siècle, à l'apparition de la photo et du cinéma, on avait abandonné la peinture et la sculpture.  Il faut aider les artistes de qualité qui vivent en France et en Europe, quand leur créativité s'exprime de façon originale, même s'ils travaillent sur des supports traditionnels, même si leur production n'est pas conforme aux normes établies par les ''experts de l'artistiquement correct''. Il faut qu'ils aient plus de possibilités de montrer leurs oeuvres, élargir le marché de l'art actuellement réservé à une ''élite'' auto-proclamée sélectionnée par la fortune. Nous avons en France des créateurs plasticiens parmi les plus originaux de l'art contemporain. Il faut que les pouvoirs publics cessent de les ignorer et fassent bénéficier leur production de l'exception culturelle qu'ils réservent à d'autres arts.